Le Trail en famille : Pourquoi j'ai rangé ma montre GPS pour courir (vraiment) avec mes enfants

Publié par sur 12th Oct 2025

Il y a encore deux ans, une bonne sortie trail, pour moi, ça ressemblait à ça : un dénivelé précis à avaler, une allure moyenne à tenir (sous les 6 min/km, sinon c’est de la rando, non ?), et ce petit bip satisfaisant de ma montre GPS à chaque kilomètre parcouru.

Le trail était ma bulle de performance. Mon moment à moi.

Et puis, j’ai voulu emmener mes enfants. Léo avait 5 ans, sa sœur Anna  8. J’avais cette image d’épinal en tête : nous trois, foulées légères, cheveux au vent sur les sentiers des Alpes, unis dans l’effort.

Spoiler alert : ça a été une catastrophe.

Au bout de 600 mètres, Léo a vu un scarabée. Il s’est arrêté net. Je piétinais : "Allez Léo, on court, on se refroidit là !". 500 mètres plus loin, ma grande avait "mal aux jambes" (traduction : elle s'ennuyait). J'ai fini la sortie un peu frustrée, avec l'impression d'avoir gâché mon entraînement, et eux ont fini en râlant.

Ce jour-là, j’ai compris une chose essentielle : je n’étais pas en train de partager ma passion, j’étais en train de leur imposer mon rythme.

Si vous êtes ici, c’est que vous avez envie de transmettre ce goût de l'outdoor à vos enfants. Mais pour ça, il va falloir faire le deuil du chrono. Voici pourquoi (et comment) j'ai transformé nos sorties en aventures.

Le jour où j'ai accepté le Stop & Go

En tant qu'éducatrice sportive, je sais théoriquement qu'un enfant ne fonctionne pas comme un adulte sur le plan aérobie. Un adulte est un diesel : on chauffe, et on tient la distance. Un enfant ? C’est une voiture de sport conduite par un pilote surexcité. Ça sprinte, ça s’arrête, ça repart à fond, ça s’arrête encore.

J'ai décidé de tester une nouvelle approche : la méthode de l'exploration.

Lors de la sortie suivante, j'ai laissé ma montre au fond du sac (juste pour l'heure et la sécurité). J'ai dit aux enfants : "Aujourd'hui, on ne va pas courir jusqu'au col. On va aller chercher la cabane des chasseurs, et le premier qui voit un écureuil a gagné."

Le résultat ? On a mis 1h15 pour faire 3,5 kilomètres. Mais pendant ces 3,5 km :

  • On a sauté par-dessus des troncs (travail de proprioception, mine de rien !).

  • On a fait des courses de vitesse jusqu'au "prochain gros arbre" (fractionné déguisé).

  • On a ri. Beaucoup.

Ce que le trail avec les enfants m'a réappris

En rangeant mon obsession de la performance, j'ai redécouvert mon sport sous un angle que j'avais oublié.

1. Le retour aux sources

Quand on court pour le chrono, on regarde ses pieds ou le sentier 10 mètres devant. Avec les enfants, on regarde autour. Grâce à eux, je redécouvre la forêt. Ils voient les traces de biches que je zappais. Ils entendent le pic-vert. Ils m'ont réappris à m'émerveiller.

2. Un entraînement différent (mais réel)

Ne croyez pas que courir avec des enfants, c'est du repos. Porter le sac à dos avec l'eau de tout le monde + les vestes + le doudou du petit dernier, c'est du renforcement musculaire ! De plus, courir à leur rythme (sprints soudains suivis de marche) ressemble beaucoup au Fartlek (jeu de vitesse). C'est excellent pour le cœur, même si la moyenne horaire est faible.

3. La connexion, la vraie

Sur un sentier, pas d'écrans, pas de bruits de la ville. Quand on marche côte à côte ou qu'on trottine, les langues se délient. C'est souvent là, au détour d'un virage boueux, que mes enfants me racontent leurs soucis d'école ou leurs rêves du moment. Le trail crée cet espace de parole.

Mes 3 conseils pour votre première sortie en mode zéro pression

Si vous voulez vous lancer ce week-end, voici ce que je vous suggère pour éviter mon fiasco des débuts :

  1. Oubliez la distance, pensez temps : Ne visez pas 5 kilomètres. Visez 45 minutes dehors. Si vous faites 2km en 45 minutes parce qu'il y avait une flaque géante super intéressante, c'est une victoire.

  2. L'équipement n'est pas une option : On en reparlera dans un prochain article (notamment du choix des chaussures, un vaste sujet !), mais assurez-vous qu'ils soient à l'aise. Un enfant qui a froid ou mal aux pieds détestera le trail à vie.

  3. Le ravito est sacré : C'est notre règle d'or. On ne part jamais sans une compote ou une barre de céréales maison. L'arrêt goûter, c'est la carotte, le sommet de leur Everest à eux.

En résumé : Le plaisir avant la perf'

Aujourd'hui, je continue de m'entraîner seule ou avec des amis pour mes objectifs personnels. Mais le week-end, la traileuse laisse place à la maman exploratrice.

Ce blog, c’est ça. Ce n’est pas un manuel pour faire de votre enfant le futur Kilian Jornet. C’est un carnet de bord pour vous aider à transformer une simple balade en forêt en une micro-aventure sportive.

Alors, pour la prochaine sortie : laissez la montre au fond du sac, et suivez le guide (celui qui fait 1m20 et qui court vers les flaques).

Et vous ? Quelle a été votre plus grosse galère (ou votre plus beau souvenir) en essayant de faire courir vos enfants ? Racontez-moi en commentaire, je me sentirai moins seule !

À très vite sur les sentiers, Claire.

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